Du Pays Des Clarines

Du Pays Des Clarines

Berger de Picardie

Elevage du pays des Clarines

Ficelle et ses enfants

Ficelle de la Vallée de Crève Coeur

Ficelle de la Vallée de Crève Coeur

Je m’appelle Ficelle Les-Oreilles … je crois.


  Les Oreilles, c’est mon nom de famille.


 


  Quand j’étais petite, tout le monde m’appelait comme ça. Les gens disaient : « les-Oreilles », puis ils faisaient le même bruit qu’un cheval à qui on vient de raconter une histoire drôle. Seul le prénom changeait : tantôt « Tavu », tantôt « Waouh ».


 


  Mais ma maîtresse m’appelle Ficelle, et c’est ce qui compte, car personne d’autre ne compte pour moi. Parfois, il y a des gens qui essaient de me parler en utilisant le code secret que j’ai avec ma maîtresse : par exemple, quand elle dit « assis », je m’assois et je la regarde avec des yeux tout doux pour bien voir et entendre quand elle va me dire que je suis la meilleure. Et ces gens s’imaginent que parce qu’ils volent notre mot secret, je vais leur faire les yeux doux pareil, mais ils rêvent !!!


  Alors pour ne pas les vexer, je fais comme si j’étais sourde ; laisse causer, je me dis, ça leur passera. Et ça leur passe, plus ou moins vite, y en a qui insistent, mais c’est normal, tout le monde ne peut pas être aussi vif que moi.


Vive

Vive

  Car oui, je suis vive ! C’est sans doute parce que je suis un berger Pique-Poil ; ben oui, Pikhaar en Flamand, ça veut dire Pique Poil en Français : tout le monde ne peut pas être bilingue comme moi, alors je vous traduis.


 


  Ma maîtresse dit des fois que je suis un cercle carré, elle parle de « quadrature du cercle ». Je crois que c’est parce que j’ai toutes les qualités et leur contraire.


 


  Je suis vive,


  je cours comme une dératée quand j’accompagne un mouton à pneus du stop devant mon portail jusqu’au bout de la clôture du jardin. En général, c’est moi qui gagne. Le soir, quand j’en ai déjà accompagné une paire et que je commence à fatiguer, c’est vrai que je triche un peu : je prends un chouilla d’avance. Et pour faire plus joli, je fais semblant d’être un mouton à pneus, moi aussi, en faisant un peu le même bruit. Mais moi, j’ai une plus jolie voix.


 


Et je suis calme,


  Quand il ne fait pas trop beau, tandis que ma maîtresse pianote sur son clavier d’ordinateur à longueur de journée, je dors à ses pieds. Quand elle se lève pour aller chercher une ramette de papier ou une nouvelle cartouche d’encre, je la suis des yeux, des fois qu’elle aurait l’idée d’aller jouer dehors, mais je ne me lève pas pour rien, il faut savoir se ménager. Elle dit que je suis discrète, fidèle sans faire le pot de colle.


Douce et féroce

Douce et féroce



Je suis douce et tendre,


   Ma maîtresse m’appelle sa peluche : quand nous regardons la télé ensemble et que ce n’est pas intéressant (moi j’aime quand il y a des chiens qui me parlent de dedans la boîte, mais c’est pas toujours), alors je pose ma moustache sur ses genoux, et elle me gratouille derrière l’oreille.


  Et je suis féroce :


  Figurez-vous qu’il y a un monsieur, qui s’habille vraiment bizarre, (les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas, n’est ce pas) avec un gros pantalon de clown, mais pas multicolore, enfin, il est vraiment pas à la mode, mais bon, c’est pas le plus grave, mais ce monsieur, des fois, il menace ma maîtresse avec un grand hochet. Alors là, je n’ai pas que mes poils qui piquent, je pique aussi avec mes dents !


  Mais quand je vous dis que ce monsieur est très très bizarre : figurez-vous que quand je l’ai bien mordu et que j’arrête juste pour en laisser encore un petit morceau pour les copains, il me caresse et il me dit que c’est bien. Les hommes et la logique… ! Heureusement que ma maîtresse n’est pas un homme, on aurait du mal à se comprendre.

Mon premier bébé

Mon premier bébé



  Lorsque j’avais tout juste 7 mois, nous avons aperçu, de loin, un tout petit chat qui s’enfilait dans la porte de grange d’une ferme abandonnée. Alors, avec Maîtresse, nous nous sommes assises, dos à la porte, et Maîtresse a raconté des histoires au chaton. Mais il n’a rien voulu savoir, il n’a même pas sorti une moustache. A mon avis, c’est à cause de mémère Pip, berger des Pyrénées de douze ans légèrement grincheuse. Pendant une semaine, nous l’avons aperçu de temps en temps, mais aucune de nos bonnes paroles ne l’a convaincu.


 


  Et voilà qu’un soir, alors que nous étions occupées dans le garage, nous avons entendu des cris épouvantables de chaton qu’on assassine venant de la route. Maîtresse s’est précipitée : le chaton était pelotonné de l’autre côté de la route, au bord de la forêt. Lorsqu’elle a voulu l’approcher, il s’est sauvé, mais pas vers le bois… il a traversé la route direction jardin ! Pourtant je me trouvais avec Pip et Zirgouflex, notre chat, sur le seuil du portail, (même ouvert, nous n’avons pas le droit de le franchir, sinon nous devons copier le règlement, et comme je ne sais pas encore écrire, je préfère ne pas prendre de risque). Finalement, Maîtresse l’a pris par la peau du cou et l’a posé délicatement devant l’écuelle de Zirgou, au garage. Après avoir mangé, il est venu à la maison avec nous, comme ça, et il s’est installé sur mon lit. Fort en maths, ce petit, il a trouvé l’exact milieu de mon coussin, si bien qu’il n’y avait plus de place pour moi, sur mon énorme coussin, à cause de 480g de chat ! !


Alors :


  Je m’ suis faite toute petite devant cette peluche, au regard tendre,


  Puis j’lui ai lavé son p’tit nez fripon, avec ma langue.


Il a tellement bien aimé ça qu’il a pris un abonnement : chaque fois que je m’installais sur mon coussin, il venait se réchauffer sur moi et se faire nettoyer. Pour les oreilles, je mettais ma langue en [U], pour les yeux je la mettais façon gant de toilette. Fallait bien que quelqu’un s’en charge, de ce petit sauvageon, car il avait décidé que moi seule j’avais le droit de le toucher.

Education

Education



Et voilà : finie la petite enfance, voilà que je suis en train de devenir maman. Alors je passe la parole à Maîtresse pour qu’elle vous explique comment d’un bon chiot, on peut faire un (presque) aussi bon chien que moi : je dis presque, car j’ai bien l’intention de rester toujours la meilleure !!!


 


 


L’EDUCATION FONDAMENTALE.


 


  L’éducation fondamentale du chien prend environ 20 mn, à répartir en 4 ou 5 leçons de 3 ou 4 mn, réparties sur un jour ou deux.


Elle tient en deux phrases : ‘attends’ et ‘va’. Quand ‘attends’ sera acquis, on ajoutera ‘non’, et le tour sera joué.


  Tout le reste, c’est de la déco, qu’on peut rajouter à volonté. La seule chose importante étant que le chien sache d’entrée qu’avec « attends », quoi qu’il arrive, on s’arrête : Hugh, j’ai dit ! Il suffit qu’il comprenne que c’est le maître qui décide, pas lui, c’est tout, et pour la vie.


  J’ai dit le chien, pas le chiot, car il n’y a pas d’âge pour expliquer le règlement fondamental à notre compagnon. Le tout premier chien que j’ai dressé, qui appartenait à des voisins de mes parents, avait 5 ans alors que j’en avais treize. Et nous nous entendions au doigt et à l’œil.


 


Pour le maître, il faut un certain nombre de qualités essentielles qui garantiront, ou non, la pérennité des acquis.


 


  1. La plus importante est la capacité de penser et raisonner en ‘chien’. Ficelle vous mettra sur la voie un peu plus loin.


 


 


  2. La prudence : il ne faut jamais risquer de perdre quand on donne un ordre. Donc : ou bien, on est en mesure d’en assurer l’exécution et on y va, ou on n’est pas sûr de maîtriser, et alors, il vaut mieux laisser tomber plutôt que de laisser penser au chien que l’obéissance est facultative.


 


  3. La vigilance : l’œil du maître est sur le chien, rien que sur le chien, tant qu’un exercice n’est pas terminé. Si on est distrait, si on discute avec quelqu’un d’autre en même temps, le chien exploitera cette inattention. Chaque obéissance constitue un petit pas en avant ; chaque désobéissance constitue dix grands pas en arrière. Et le chien a une mémoire de cheval pour ce qui concerne ses victoires sur les faiblesses du maître.


 


  La patience : pour aller vite, il faut aller très doucement. Les exercices doivent être très progressifs, toujours courts, pour ne pas ennuyer le chien.



 

Portes: le tabou

Portes: le tabou

Mais « Attendez » ! Commençons par le commencement.


 


Jusqu’à deux mois et demi, mon chiot est un nourrisson, et je ne lui donne rien d’autre que contact, confort et confiance. Cela n’empêche pas de créer des habitudes : tout ce qu’un chien fait par habitude est autant qu’il ne faut pas lui demander par l’autorité. Pour l’apprentissage de la propreté par exemple, on prendra soin de sortir le chiot à cadence régulière toutes les deux heures.


 


Puis nous faisons notre première leçon. Pour sortir dans le jardin, j’ouvre la porte, en prenant soin de la caler avec le pied pour qu’il n’y ait pas assez d’espace pour laisser passer le chien, et je dis d’une voix ferme : « attends ».


Le chiot voudrait passer, ne peut pas, je répète « attends ». Au bout de quelques secondes, étonné, il va reculer, peut-être même s’asseoir pour mieux réfléchir à cette nouveauté extraordinaire. Je caresse, je répète ‘attends’. Je le maintiens d’une main, j’ouvre grand la porte en maintenant le chien. Je répète ‘attends’.


Puis je dis : ‘va’ et ensuite seulement, je le lâche en répétant ‘va’ et en le poussant dehors. Quand il aura compris qu’il doit attendre, je le lâche avant de dire ‘va’, mais je reste prête à le saisir si jamais il cherchait à forcer le passage.


 


‘Va’ est encore plus fondamental que ‘attends’, car le chien apprend que le maître ne fait pas qu’interdire, il permet aussi. Et chaque interdiction doit toujours être levée par ‘va’. Ainsi, Le chien sait que ce n’est pas lui qui décide de la fin de l’exercice, mais le maître. Avec le temps, on pourra progressivement faire durer les interdits dans le temps. (Préparation à la mn couchée et bien d’autres exercices).


 


  Désormais, le plus difficile reste le dressage du maître, qui doit se souvenir en permanence que le comportement du chien sort de sa voix et de sa main ; il faudra notamment faire en sorte que le maître n’oublie jamais que le passage de certaines portes relève d’une permission. Ainsi le chien apprend qu’on ne peut pas faire tout ce qu’on veut, qu’il faut attendre le bon vouloir du maître pour certaines choses. Cette inhibition d’initiative servira ensuite à contrôler son mouvement en avant, et prépare le rappel.


 


  J’insiste tout particulièrement sur le passage des portes, car c’est un point charnière où tout peut arriver : un danger extérieur pour un passant, que le chien pourrait bousculer, un danger pour le chien, si la porte donne sur la rue, il peut y avoir des voitures, des passants avec éventuellement un chien pas commode. Le chien qui passe inconsidérément une porte est aussi un danger potentiel pour qui s’y trouve en même temps que lui : il peut bousculer son maître, ou envoyer voler un petit enfant… quand on revient de promenade avec des pattes d’une propreté douteuse, il est opportun aussi que le chien attende la permission d’entrer, ce qui nous donne le temps de lui nettoyer les pattes.


Le point de vue de Ficelle

 


 


  [Je suis adorable, je suis bien élevée, j’ai une relation exceptionnelle avec ma maîtresse…


Je ne comprends pas trop ce que tout ça veut dire, mais c’est ce que j’entends dire partout, sur un ton si ému que je suppose que ça doit être bien.


 


  Faut dire que j’ai une maîtresse extraordinaire : elle sait tout, elle comprend tout, elle m’explique tout ; je n’ai qu’à lui faire confiance et je sais qu’il ne m’arrivera rien de fâcheux.


 


  A la maison, par exemple, nous avons trois portes qui mordent, comme des chiens. Elles ont l’air toutes gentilles, toutes calmes, mais si vous voulez passer, voilà qu’elles vous attrapent, et il faut vite mettre les oreilles en sécurité ! Heureusement, Maîtresse sait quand elles sont vilaines, et elle me prévient toujours. Si elle dit ‘attends’, je ne bouge pas. Et si elle ne dit rien mais que j’ai un doute, je la regarde, et si elle me dit ‘va’, je sais que je ne risque rien. Il y a ainsi la porte de la maison, le portail qui donne sur la route départementale, et le hayon de la voiture. Jamais je ne me risquerais à passer une de ces 3 portes toute seule, sans son feu vert. Heureusement qu’elle prend si bien soin de moi !]


 


LE RAPPEL LUDIQUE

 


 


  Si vous regardez un chiot qui vient de naître, vous constaterez qu’il n’a ni laisse, ni collier. Un chien est un être complet, même sans laisse ni collier. Le saviez-vous ? Si oui, vous faites partie d’une infime minorité ; le commun des mortels pense qu’un chien sans laisse, longue, courte, en chaîne, en nylon, extensible, non extensible … n’est pas un vrai chien. D’où les problèmes de rappel !


 


  Pour Ficelle, j’utilise depuis qu’elle est arrivée chez moi à 8 semaines et 2 jours, un lien très léger, de texture invisible, cependant efficace à toute épreuve : il s’appelle le lien Amour. C’est un torsadé de main et de voix, qui la relie en permanence à moi et à ma volonté. Un chien qui n’est jamais contraint par chaine ni laisse n’éprouve aucun besoin de s’échapper. Et si sa relation au maître est bonne, il le suit tout naturellement partout « comme un petit chien ».


 


  Pour la promenade, je choisis un endroit tranquille, prés ou forêt, et je marche. Je ne l’appelle jamais. Un chien bien dans sa tête va spontanément marcher devant le maître. Il faut laisser faire. Si la distance dépasse 15 m, je disparais, sans rien dire : en forêt derrière un arbre, dans les prés je me couche dans l’herbe et j’attends.


  Quand Ficelle se retourne pour voir si je la suis bien, elle constate qu’elle est abandonnée toute seule, dans la grande forêt. Et là, elle démarre au quart de tour et me cherche. Selon la direction du vent, elle peut passer plus d’une fois à côté de moi avant de me trouver : je ne dis rien. Quand enfin nous nous retrouvons, nous nous faisons fête, puis nous repartons. Encore plus de quinze mètres ? Je pars à grands pas dans la direction opposée. Quand elle se retourne, elle me voit à 30 m et la distance entre nous qui augmente, et son instinct de pourchasse de ce qui lui échappe la fait revenir encore plus vite que la première fois.


  Une fois que le chien a bien compris qu’un maître, c’est fugueur, et que ça se surveille, on peut, une fois de temps en temps, lui faire la fleur de le prévenir lorsqu’on change de direction. Il en sera reconnaissant, et sera heureux de venir quand on l’appelle au lieu de penser qu’on cherche à le contrarier.


Ce que nous en dit Ficelle

 


 


  J’aime bien promener Maîtresse dans la forêt : c’est beau, il y a de la place, ça sent bon, il y a tant de choses à renifler. Seulement voilà : Maîtresse me pose un sérieux problème de rappel, car elle est insupportablement fugueuse : si je ne la tiens pas à l’œil en permanence, elle court n’importe où, sans me prévenir, et pour la retrouver… ! Dès que je tourne l’oreille, la voilà qui disparaît. La première fois, j’ai bien cru que je l’avais perdue pour de bon. Mais maintenant, je reste prudente. Un petit coup d’œil toutes les 15 secondes, et elle ne peut guère fuguer loin.


  De temps en temps, elle veut bien me prévenir avant de se cacher, c’est tout de même plus pratique comme ça. Alors là, j’arrive ventre à terre, et elle n’a aucune chance de me semer !]




  Le rappel ludique n’est ni plus ni moins une divergence d’opinion sur les directions à suivre, et de ce fait, facile à gérer. Il en va tout autrement lorsque le chien est fortement sollicité vers une direction qui ne convient pas au maître : lièvre, chat, chien, cheval, facteur… tous peuvent momentanément paraître plus intéressants que le maître lui-même. Là, nous sommes en butte à l’instinct, le chien retourne dans le monde animal à l’état pur. Il redevient prédateur. Il ne s’agit plus de l’inviter à nous retrouver, il s’agit de lui ordonner de ne pas poursuivre. Lui demander de revenir dans ces conditions est une gageure : à savoir, la transformation du mouvement rapide en avant en un mouvement en sens contraire.


 


  C’est ici que l’entraînement à ‘attends’ devient intéressant. Arrêter le chien n’est que demi-dose par rapport au rappel complet. Pour préparer Ficelle à cette situation, je me rends dans un endroit fréquenté par d’autres personnes, des chiens, et pourquoi pas, des chevaux. Evoluer sur un paddock de concours hippique avec un jeune chien présente un double avantage : d’une part, que les sollicitations sont si nombreuses qu’à ne pas savoir par où commencer, Ficelle ne commence pas du tout, car dans cette cohue elle sait qu’elle a intérêt à surveiller sa fugueuse de maîtresse, et d’autre part, que les cavaliers étant tous des gens à l’aise avec les animaux, ils réagissent en général opportunément si je suis en difficulté avec « lesOreilles ».


 


  Ficelle m’accompagne sans laisse, ça va de soi ; Je lui parle, je lui gratte la tête d’un doigt en marchant pour garder le contact, quand je la sens frémir, je m’arrête, ‘attends’, jusqu’à ce qu’elle se relâche contre mon genou. Puis je remarche un peu. Je la laisse avancer un peu plus, je lâche le contact de la main, le remplace par la voix qui dit « tu restes avec moi ». Si elle part à plus de 2 m, c’est ‘attends’, je suis prête à la rattraper. A 2 ou 3 m, ‘attends’ fonctionne. Je ne la quitte pas des yeux, je reprends le contact de la main après quelques minutes. Je parle toujours de façon presque inaudible, cela développe son attention d’une part, et me laisse de la marge pour parler beaucoup plus fort en cas de crise d’autre part.


 


  Avec le temps, on arrivera à obtenir l’arrêt à 10, puis 15m. C’est la limite raisonnable pour garantir une certaine autonomie de promenade au chien tout en préservant l’autorité du maître. Bien sûr, si je me promène à travers champs, avec une bonne visibilité, sans sollicitations particulières pour le chien, je peux tolérer des distances supérieures, le rappel ludique fera le reste.


 


  Détail important : Pour un chien bien élevé, un seul ordre suffit. Facile : il ne faut JAMAIS répéter un ordre (sauf au cours des 20 mn d’éducation fondamentale). Même si Ficelle sait parfaitement faire bien des choses à ma demande depuis fort longtemps, si elle devait ‘oublier’ d’obéir, je la remets en position avec ma main, sans commentaire. Elle sait que l’ordre étant donné, elle se retrouvera à l’exécuter, de toute façon ; donc, elle n’attend pas, elle fait.


 


  Voilà, mon chiot est éduqué : c’est la partie de l’obéissance qui est la plus difficile à avaler, car elle comporte bien des interdits.


 


  A présent, nous allons donc pouvoir passer au dressage, qui est le bonheur du chien (et du maître). Le dressage n’est pas obéissance, ni mécanisation : il est COMMUNICATION. Tout est jeu. On ne fait pas une minute couchée pour être privé de mouvement, mais pour laisser au maître le temps de cacher un objet qu’on aura le droit d’aller chercher. Ou bien pour attendre l’ordre ‘en avant’, histoire de rattraper mémère Pip qui a eu le droit de poursuivre son chemin toute seule, comme une grande. Plus vite on se couche, plus vite on aura le droit de bondir en avant. On va courir, montrer qu’on est sportif en sautant des fossés ou des haies, grimper sur des murets, rapporter des jouets… L’imagination du maître conditionnera les capacités du chien. Elles sont infinies.



 


RECOMPENSE

RECOMPENSE

Avez-vous remarqué que pas une fois, je n’ai évoqué la récompense dans ce qui précède ?


 


  Il est une grande mode, en ce moment, qui consiste à donner une friandise au chien chaque fois qu’il obtempère. Alors, raisonnons un peu en chien.


 


  [On m’appelle ? Je vais donc avoir une friandise, chic ! J’y cours.


  On me fait asseoir en tenant un gâteau derrière ma tête ? Je m’assois le temps de l’attraper, puis je saute dans les bras du distributeur automatique de douceurs pour lui dire que j’aime … ses gâteaux !]


 


  Le chien ne considère pas la récompense comme une conséquence de l’obéissance, mais comme un but en soi. On l’appelle ? Il vient chercher son gâteau.


Il s’assoit et obtient son gâteau ? Pour lui, l’exercice s’arrête là et le voilà debout.


 


   Alors qu’advient-il si le chien a le choix entre le gâteau de chez Maxi chienchien à mémère et un rôti de facteur ? … Je vous laisse imaginer les conséquences. Le maître doit toujours rester "maître" de son chien, en toutes circonstances. Il est RESPONSABLE de tous les faits et gestes de son chien, qu'il a le devoir de savoir canaliser.  


  Un ordre étant un ordre, il doit être exécuté, bon gré, mal gré : il ne doit pas être acheté, car ceci le rendrait facultatif si le chien décide de ne pas ‘acheter’, ou de s’acheter un bout de facteur à la place.


 


 



LA SEULE RECOMPENSE


 qui améliore la relation entre chien et maître est la caresse, accompagnée de la voix qui félicite, qui cajole, qui tresse et retresse toujours le lien Amour. Ficelle ne m’obéit que pour me faire plaisir, pour s’entendre dire qu’elle est la meilleure.


Et c’est ainsi qu’elle restera toujours un chien heureux qui rend heureux.